L'édito du Dr Jean-Paul Ortiz

Préserver l’accès aux soins sur tout le territoire en préservant la liberté d’installation…

C’est l’équation que veut résoudre la ministre de la Santé et à laquelle nous nous associons. La solution doit être sans mesures coercitives et c’est l’esprit de la CSMF.

Notre situation est à ce jour paradoxale, nous n’avons jamais eu autant de médecins libéraux en France et pourtant, le ressenti des Français est celui des « déserts médicaux ».

La crise démographique annoncée n’a pas la gravité attendue pour deux raisons :

  • le développement du cumul emploi-retraite pour les médecins de plus de 65 ans
  • l’apport des médecins à diplôme étranger qui contournent le numerus clausus et représentent aujourd’hui 25 % des médecins nouveaux inscrits. Ces deux mesures ont gommé les prévisions statistiques. Néanmoins, on ne peut ignorer les difficultés qu’ont certains Français à trouver un médecin traitant ou à obtenir une consultation avec un médecin spécialiste dans un délai raisonnable. La médecine libérale doit assumer ce défi sous peine de voir d’autres s’en charger à son détriment. Permettre l’accès aux soins en France passera forcément par une somme de mesures de toutes les parties concernées :
  • développement de l’attractivité des territoires pour séduire nos jeunes confrères, comme le font ces mêmes territoires pour favoriser l’installation d’entreprises,
  • mesures de formation initiale et d’accès à la vie professionnelle pour permettre aux jeunes diplômés d’accéder à l’installation en toute sérénité,
  • utilisation des nouvelles technologies de communication autour de la télésurveillance, la téléconsultation, la télé expertise et la délégation de tâches en télémédecine, qui permettent aujourd’hui d’effacer les distances.

Cependant faire croire aux Français que demain, il y aura un médecin sous chaque clocher, est une utopie que même l’État n’est plus en mesure d’assumer avec ses services publics.

Dr Jean-Paul ORTIZ
Président de la CSMF

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