Drame de Nogent-le-Rotrou : la CSMF exhorte le gouvernement à renforcer la sécurité des médecins

On ne compte plus les agressions de médecins ces dernières semaines, notamment dans des cabinets de médecine générale : Béthune (Pas-de-Calais), Châtellerault (Vienne), Saint-Cyprien (Pyrénées Orientales) fin 2016, Limoux (Aude) le 31 janvier 2017 et encore plus tragiquement ce 1er février à Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir).

Quelle a été la réaction du gouvernement face à l’augmentation inquiétante des agressions l’an passé ? Une simple rencontre entre le président de l’Ordre des médecins et le ministre de l’Intérieur, qui a promis des solutions… que nous attendons encore.

Suite au drame qui a coûté la vie au Dr Rousseaux le 1er février, la CSMF exhorte le gouvernement à prendre des mesures exceptionnelles et immédiates pour renforcer la sécurité des médecins en exercice.

Cela passe notamment par la mise en place de :

  • un numéro d’appel d’urgence à la Police ou à la Gendarmerie dans tous les départements, réservé aux médecins, avec reconnaissance du numéro du médecin pour intervention prioritaire ;
  • des caméras de surveillance aux abords et dans les salles d’attente (tout en veillant au secret médical), et d’un boîtier de téléalarme dans les cabinets médicaux, avec un financement pris en charge par les pouvoirs publics ;
  • l’accompagnement ponctuel des visites par un policier, en cas d'appel suspect ou de patients reconnus « difficiles » ;
  • la mobilisation d’un chauffeur de nuit pour accompagner le médecin, pris en charge par les collectivités territoriales, pendant les gardes ;
  • le recours à la procédure de citation directe contre les auteurs de violences à l’encontre des médecins ;
  • la création d’un véritable statut de « professionnel protégé » pour les médecins ;
  • le soutien au regroupement des médecins dans des lieux d’exercice partagés.

Le médecin est souvent le dernier lien social dans une société traversée par de grandes difficultés. Il se trouve de plus en plus confronté à des actes d’incivilité voire d’actes violents qui ont toujours des conséquences néfastes sur l’exercice de son métier, et donc sur la prise en charge de la population. Il est urgent que le gouvernement assume ses responsabilités.

Dr Jean-Paul Ortiz - Président
06 07 86 08 83
jp.ortiz@csmf.org

Vendredi, 3 février, 2017