Baisses tarifaires en radiologie : vers un rationnement des soins ?

L’UNCAM vient d’annoncer des baisses de tarifs et de forfaits d’imagerie médicale conduisant à une économie de 49,9 millions pour l’Assurance maladie (59 millions en incluant la part remboursable par les complémentaires). Elle a annoncé la baisse de la lettre-clé Z radiologique, ainsi qu’une diminution de 2% des forfaits techniques d’imagerie (scanners et IRM) ainsi que des PET-scan.

Sans concertation avec les acteurs concernés, l’UNCAM diminue brutalement le montant des tarifs des médecins libéraux. Pour la CSMF, cette situation nouvelle – qui ignore la parole des syndicats et qui nie totalement la négociation - est grave, et porte atteinte à la qualité et à l’accès aux soins.

Pourtant, le nombre d’IRM est déjà insuffisant en France, située largement en dessous de ses voisins européens en termes d’équipement. Ce plan d’économies drastique ne fera qu’allonger les délais de prise en charge des patients et les inégalités d’accès aux soins, alors qu’il faudrait encourager le développement de l’imagerie moderne. Faute de moyens suffisants, les cabinets de radiologie médicale libéraux, qui doivent investir considérablement pour s’équiper, seront dans l’incapacité de proposer aux patients les techniques les plus innovantes, pourtant indispensables en particulier dans le cadre du plan Cancer. Leur répartition sur le territoire va se concentrer dans des grands centres au détriment d’un accès de proximité.

Au travers de cette décision unilatérale de l’UNCAM, la CSMF dénonce le retour des vieilles recettes : les lettres-clés flottantes. Faire varier la tarification des actes médicaux – vision comptable de Martine Aubry et d’Alain Juppé dans les années 90 et mise en échec – est le début du rationnement des soins. La médecine libérale ne peut être assimilée à un processus de production industrielle. On ne doit pas sacrifier la santé sur l’autel d’une logique purement comptable, et la médecine libérale n’a pas à être la variable d’ajustement des équilibres budgétaires.

Dr Jean-Paul Ortiz - Président
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Lundi, 30 janvier, 2017