Rencontre avec le Dr LE GUILLOU, jeune médecin pneumologue

Le Dr Frédéric LE GUILLOU, médecin pneumologue de 41 ans, exerce dans un cabinet de groupe à La Rochelle (17). Installé depuis 2006, il rejoint la CSMF un an plus tard. Entre son choix d’exercer en libéral, son engagement syndical aux côtés de la CSMF et associatif, sa vision de l’avenir, le jeune spécialiste se met à table. 

Pourquoi avoir choisi l’exercice libéral ?

Pour avoir une certaine indépendance. J’avais besoin de liberté dans mes choix et mes actions, d’être libre de choisir mes interlocuteurs et mes correspondants, ce qui n’est pas le cas de l’hôpital. Quand j’ai commencé en 2006, j’ai beaucoup apprécié d’apprendre un autre métier. Certes, on possède des connaissances scientifiques et professionnelles, mais on est aussi entrepreneur et on gère une micro-entreprise. C’est très enrichissant sur le plan personnel et humain. 

Qu'est-ce qui explique votre engagement aux côtés de la CSMF ?

J’ai toujours été très investi dans le milieu associatif. Si j’ai choisi de m’engager aux côtés de la CSMF,  c’est en raison de ses valeurs : libérale et humaniste. C’est aussi un syndicat où tout le monde est présent, généralistes comme spécialistes. Il est important de conserver cette pluralité et cette cohésion entre les deux branches, l’UNOF et l’UMESPE. Un lien affectif me lie aussi à la CSMF : depuis l’enfance, je connais Christian Le Goff, ancien président de l’UMESPE. 

Parallèlement à mon engagement aux côtés de la CSMF, j’occupe d’autres fonctions : secrétaire général du syndicat de l’appareil respiratoire (SAR), le syndicat de verticalité des pneumologues libéraux, élu aux URPS pour la grande région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, président de l’association BPCO qui réunit professionnels de santé et patients, président d’une association sur le parcours de soins en milieu respiratoire (APSR), administrateur de l’association Asthme et Allergie.  Je termine également  un Master de Sciences Politiques à Paris, ce qui est très enrichissant pour comprendre le fonctionnement des décideurs publics et très complémentaire avec ma vie syndicale et associative. 

Quels vœux faites-vous pour l’avenir de la profession ?

Dans la prise en charge des maladies chroniques, il faut évoluer et cela passe, entre autres, par la promotion de la pluridisciplinarité. Il faut favoriser les regroupements des professionnels de santé et améliorer la coordination entre les différents acteurs. 

La télémédecine représente également un atout majeur pour le virage ambulatoire, éviter les hospitalisations inutiles, prévenir les maladies chroniques et rééquilibrer l’offre de soins. Mais la télémédecine, qui est un outil important, ne doit pas être une finalité en soi. Les aspects juridiques et financiers soulèvent encore de nombreuses questions mais il faut réfléchir, à l’avenir, à d’autres types de financements de la télémédecine peut être  hors convention. 

« Le médecin spécialiste doit avoir un rôle d’expert qui doit être valorisé, et non un rôle de technicien. »

Il faut aussi mener une vraie réflexion sur la délégation de tâches : le médecin spécialiste doit avoir un rôle d’expert qui doit être valorisé, et non un rôle de technicien. En déléguant certaines tâches – et non des actes –, il pourra se recentrer sur son cœur de métier. Une réflexion doit également être conduite sur les différents modes de rémunération (actes, forfaits, etc.) : on ne peut pas rester sur la CCAM technique telle qu’elle existe aujourd’hui. 

Enfin, il faut reconnaître au médecin sa place de décideur au sein de notre système de santé.  

Mercredi, 9 mars, 2016